Collaborer pour lutter contre l'amarante tuberculée​

Stéphanie Mathieu, agronome
Direction régionale de la Montérégie-Ouest
Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation 

En juin 2020, le MAPAQ lançait le Plan d'intervention phytosanitaire pour lutter contre l'amarante tuberculée. Cette initiative provinciale permet d'offrir une aide financière aux entreprises agricoles aux prises avec cette mauvaise herbe envahissante qui résiste, dépendamment des populations, à au moins deux groupes d'herbicides, dont le glyphosate.

Les producteurs concernés peuvent profiter des services suivants :

  • Identification gratuite de l'amarante tuberculée (AMATU) par le Laboratoire d'expertise et de diagnostic en phytoprotection;
  • Détection gratuite de la résistance aux herbicides de l'amarante tuberculée;
  • Soutien agronomique pour établir une stratégie de lutte adaptée à l'entreprise;
  • Aide financière pour la réalisation de certains travaux à la ferme (arrachage, retraitement, etc.).

Une fois qu'on a identifié l'amarante tuberculée, différentes solutions sont proposées, selon la réalité du producteur, pour lutter contre cette plante indésirable. D'abord, l'intégration d'une céréale d'automne (seigle, blé, etc.) est une option qui permet, grâce à la reprise printanière rapide, de compétitionner l'AMATU qui ne tolère pas très bien l'ombre. Également, lorsqu'ils sont nécessaires, les herbicides utilisés dans les céréales pour contrôler les feuilles larges font souvent partie du groupe 4 et ils donnent donc la possibilité de faire une rotation des matières actives, ce qui diminue les risques de développement de la résistance de l'AMATU. L'utilisation des cultures de couverture représente également une pratique préconisée, entre autres parce qu'elles couvrent le sol et diminuent ainsi les risques de voir la plante s'établir et produire des semences à la suite des récoltes. Les mélanges de cultures de couverture qui s'implantent rapidement sont les plus favorables; l'avoine, le pois, le radis et le chou fourragers, les moutardes, les trèfles, etc., offrent plusieurs possibilités intéressantes. 

Ensuite, une stratégie axée sur deux passages d'herbicides incluant des molécules résiduelles, le contrôle mécanique, la rotation des groupes d'herbicides, la diminution de l'espacement entre les rangs, le travail superficiel du sol, etc., sont autant de pratiques ou de techniques qui peuvent être adoptées pour optimiser la lutte contre la plante. Tout cela sans oublier l'organisation d'un système efficace de mesures de biosécurité à la ferme qui constitue aussi un moyen de lutte à mettre en œuvre.

En juin et juillet dernier, cinq nouveaux cas ont été rapportés en Montérégie. Les agronomes du MAPAQ ont travaillé avec les producteurs et leurs conseillers agricoles afin d'intervenir rapidement. Ainsi, des champs ont pu être de nouveau traités à l'herbicide  avec succès. Dans certains sites, l'amarante a été arrachée manuellement pour éviter le développement de semences. Un producteur s'est même procuré un sarcleur pour contrôler la plante mécaniquement. De plus, les champs qui avaient été retrouvés avec de l'AMATU l'automne dernier ont fait l'objet d'un suivi rigoureux.

À l'approche de l'automne, faites preuve de vigilance. En septembre, le dépistage de l'AMATU est facilité puisqu'en raison de sa taille, elle dépasse les plants de soya.

Si vous suspectez la présence de l'amarante tuberculée ou si vous en trouvez dans votre entreprise, vous pouvez vous inscrire à amarantetuberculee.ca​.​ 

Il est à souhaiter que le travail de collaboration et la proactivité des différents acteurs permettront de maîtriser cette nouvelle venue.


Légende : Cintre du champ avant l'arrachage de l'AMATU​ 


Légende : Cintre du champ après l'arrachage de l'AMATU

 
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Dernière mise à jour : 2020-09-02

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