Portes ouvertes sur les pratiques à moindre risque pour la santé et l’environnement dans les vergers du Québec​​

Evelyne Barriault, agronome, conseillère viticole et pomicole, Direction régionale de la Montérégie, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation

Au cours des quatre dernières années, quelques vergers, dont deux en Montérégie, soit Les vergers Pierre Tremblay et Fils de Mont-Saint-Grégoire et la Cidrerie Milton de Sainte-Cécile-de-Milton, ont participé à un projet pour comparer leurs pratiques habituelles de lutte contre les ravageurs de la pomme à une régie à moindre risque pour la santé et l'environnement. Plusieurs techniques novatrices ont été mises à l'essai pour lutter contre les maladies, notamment la tavelure et la brûlure bactérienne, les insectes comme le carpocapse et la mouche de la pomme, les acariens ainsi que les mauvaises herbes. Les pomiculteurs ont également eu la chance d'utiliser un pulvérisateur certifié « AirCheck » afin de minimiser la dérive des pesticides. L'incidence de l'adoption de ces pratiques sur les dommages à la récolte, sur le rendement et sur les coûts a été évaluée. Voici un aperçu des pratiques qui ont été mises de l'avant par les vergers participants.   

Broyage des feuilles et utilisation du bicarbonate de potassium pour lutter contre la tavelure

Le champignon qui cause la tavelure passe l'hiver au sol dans les feuilles de l'année précédente. Au printemps, il attend les bonnes conditions pour causer de nouvelles infections. L'appareil Eliminae, spécialement conçu pour décoller les feuilles accumulées à la base des arbres et les broyer, a été mis à la disposition des pomiculteurs participant au projet. Cette pratique utilisée très tôt au printemps leur a permis de commencer la saison par un assainissement en réduisant la source de la maladie dans le verger. Par la suite, les pomiculteurs ont introduit le bicarbonate de potassium en guise de fongicide à très faible risque pour la santé et l'environnement pour lutter contre la tavelure.

Élimination des plantes hôtes facultatives, utilisation de modèles prévisionnels et application d'une levure pour lutter contre la brûlure bactérienne

Les bactéries qui causent la brûlure bactérienne peuvent faire des ravages importants dans les vergers lorsqu'elles se répandent rapidement. Afin de prévenir cette maladie, les pommiers sauvages et autres végétaux sensibles ont été éliminés à proximité des vergers. Des modèles prévisionnels ont été utilisés afin d'estimer les risques et de planifier l'application d'un traitement à base d'une levure antagoniste au lieu des traditionnels traitements antibiotiques.

Protection des prédateurs naturels d'acariens par l'interdiction de certains produits nuisibles

Afin de préserver les prédateurs naturels d'acariens ravageurs, certains produits (utilisés pour l'éclaircissage ainsi que pour la lutte contre les maladies et les insectes) qui leur sont toxiques ont été bannis dans les parcelles de régie à moindre risque. La présence d'insectes et d'acariens utiles et nuisibles a été scrutée à la loupe lors d'un dépistage, et des produits à faible risque ont été utilisés lorsque les prédateurs naturels ne suffisaient pas à la tâche et que les seuils de nuisibilité étaient atteints.

Utilisation de la méthode de la confusion sexuelle et du virus de la granulose pour lutter contre le carpocapse de la pomme

La plupart des vergers utilisaient déjà la confusion sexuelle pour réduire l'accouplement des papillons du carpocapse de la pomme. Cette pratique, réputée à faible risque pour l'environnement et la santé, a été poursuivie. Lorsque l'application d'insecticide était nécessaire pour pallier la confusion sexuelle, l'utilisation de produit à base de virus spécifique au carpocapse et inoffensif pour les autres organismes a été préférée aux insecticides conventionnels. 

Dépistage à l'aide de sphères rouges engluées, définition d'un seuil d'intervention et utilisation de GF-120 pour lutter contre la mouche de la pomme

Des sphères rouges imitant des pommes ont été installées aux quatre coins des vergers. Ces dernières étaient utilisées pour détecter la présence de la mouche de la pomme. Lorsque le seuil de nuisibilité de cet insecte était atteint, le produit GF-120, constitué d'un appât contenant une très faible dose d'un insecticide, était appliqué à l'aide d'un petit pulvérisateur monté sur un véhicule tout terrain.

​Désherbage mécanique pour lutter contre les mauvaises herbes

Un appareil de désherbage mécanique a également été mis à la disposition des pomiculteurs afin de réduire les applications d'herbicide dans les vergers.

Utilisation d'un pulvérisateur certifié « AirCheck » ainsi que de filets anti-insectes

Les pomiculteurs des vergers vitrines ont aussi eu la chance d'utiliser un pulvérisateur dernier cri certifié « AirCheck » qui garantit une distribution de l'air optimisée. II permet de traiter plus rapidement les vergers en utilisant une plus petite quantité d'eau, et ce, avec une précision accrue et un minimum de dérive de pesticide vers les parties non ciblées de l'environnement. Finalement, une petite section de pommiers de la variété Honeycrisp a été mise sous filet. Aucun traitement de pesticide n'a été réalisé durant les quatre années dans les parcelles sous filet.

En visitant un des vergers vitrines, vous pourrez voir une démonstration de plusieurs de ces pratiques et discuter de leurs avantages et inconvénients en plus de leur incidence sur les risques associés à l'utilisation des pesticides. Pour connaître le programme et les​ coordonnées des vergers participants et pour vous inscrire à une ou plusie​urs activités de démonstration, consultez le ​​www.reseaupommier.i​rda.qc.ca​.  

Ce projet a été financé par l'entremise du volet 1 du programme Prime-Vert, mis en œuvre en vertu du Partenariat canadien pour l'agriculture selon une entente conclue entre les gouvernements du Canada et du Québec.​

 
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Dernière mise à jour : 2022-07-18

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