Les conditions pour réussir

Le projet de vous établir en agriculture constitue sûrement l’un des plus gros défis de votre vie, tant par l’implication personnelle qu’il demandera que par les dépenses qu’il engendrera. Il importe donc de très bien s’y préparer! Voici quelques conseils pour vous aider à cheminer.

Les facteurs de succès dans le démarrage d’une entreprise pourraient se rapporter aux points suivants :

  • le candidat / la candidate
  • une solide planification du projet
  • la ferme comme unité de production efficace
  • le potentiel des cultures pratiquées
  • le développement de son potentiel et de celui des employés

Le candidat / la candidate

On nous demande souvent quelles cultures ont du potentiel…mais on doit aussi, et surtout, regarder le potentiel du candidat! La formation agricole est un incontournable de même que l’expérience pratique. La personne doit démontrer des capacités de gestionnaire et, d’une façon plus personnelle, être réaliste, travaillante, persévérante, dynamique et débrouillarde. Croire en ses moyens et être capable de travailler sans attendre trop des autres sont aussi des préalables.

Une solide planification du projet

Si quelqu’un n’est pas capable d’expliquer son projet, comment voulez-vous qu’il soit convaincant devant un banquier? Quelque chose de sérieux peut prendre des mois, voire des années à planifier. Lorsque vous ne possédez pas toutes les connaissances requises, faites-vous aider par des personnes compétentes. La crédibilité de votre projet n’en sera qu’augmentée. De plus, il faut rester réaliste; impossible de démarrer un projet sans un peu d’argent. La partie financement / montage financier sera révélatrice du réalisme de votre projet. Finalement, portez attention aux diverses lois et règlements ainsi qu’à la structure juridique de votre entreprise.

La ferme comme unité de production efficace

Dans le passé, plusieurs fermes peu ou pas assez performantes ont échoué. Détrompez-vous : les performances techniques et économiques d’une ferme horticole ne sont pas proportionnelles à sa grandeur.

Sachez qu’il est possible de démarrer sans acheter de terre : vous pouvez en louez une. Peu importe l’option choisie, prenez conseil d’un expert avant d’en acquérir une. Il pourra vous aider à faire le meilleur choix, selon vos besoins. D’ailleurs, il est primordial que vous vous entouriez d’un réseau d’experts qui sauront vous conseiller adéquatement dans divers domaines. Priorisez les améliorations foncières (ex. : drainage, nivellement, chaulage et fertilité), car le sol est le capital productif de l’entreprise. Aussi, un minimum d’équipements est nécessaire pour fonctionner; du « bon usagé » peut faire l’affaire. Pensez à investir dans ce qui peut sauver les récoltes (génératrice pour les serres, irrigation contre le gel, etc.). En horticulture, les coûts de main-d’œuvre sont très importants; il importe donc de fournir aux employés les outils de travail adéquats, pour un meilleur rendement à l’ouvrage.

Le potentiel des cultures envisagées

En général, il est préférable de ne pas tout mettre ses œufs dans le même panier... Si on n’a qu’une seule culture et qu’elle va mal, on est dans de beaux draps! Optez pour des cultures adaptées à votre région, sinon vous risquez de ne jamais les mener à leur plein potentiel. Le projet ne peut être basé que sur des nouvelles cultures au potentiel encore inconnu. Il vaut mieux se fier à des cultures bien connues pour lesquelles une bonne demande existe. Cela attirera des clients et vous pourrez alors leur proposer de nouveaux produits.

La mise en marché des produits

Inutile de cultiver quelque chose que vous adorez, mais pour lequel il n’y a pas de demande. Les candidats doivent bien connaître la situation des marchés pour les cultures envisagées.

Voici quelques questions importantes à se poser :

  • À qui vendre? Directement aux consommateurs, à des épiceries, à des grossistes ou à des transformateurs?
  • Quelle est l’importance du marché visé?
  • Quelles sont les exigences des acheteurs?
  • Quelles sont les fluctuations de prix habituelles?
  • Est-ce un marché saturé, en équilibre ou en développement?
  • D’où vient la compétition?
  • Les produits sont-ils frais ou transformés?
  • Quels sont les équipements de lavage, de conditionnement et d’emballage?
  • Ai-je besoin d’une chambre froide?
  • Ai-je besoin d’un camion de livraison?

Les petites entreprises ne profitent pas d’économies d’échelle et doivent viser davantage la vente directe aux consommateurs (autocueillette, marchés publics, kiosques de vente et paniers hebdomadaires). Portez une attention spéciale à la fixation des prix, car son impact sur la rentabilité de la ferme est direct. Informez-vous bien, regardez la compétition et décidez d’un prix raisonnable. Des prix fixés trop bas seront difficiles à remonter. En général, il est mieux d’établir une politique de prix stables pour la saison plutôt que de varier trop souvent, car les consommateurs attendront les baisses. De plus, ayez le réflexe d’investir dans la promotion et le marketing de vos produits : ces éléments sont directement liés aux ventes, donc aux revenus. Cela devrait devenir un réflexe au moins aussi développé que d’investir dans un nouveau tracteur! Le plan d’affaires devrait comporter un chapitre important sur les façons de faire connaître la ferme et de promouvoir vos produits. Cela passe, entre autres, par un nom, un logo, une image de marque, des enseignes attrayantes, etc.

Développer son potentiel et celui de ses employés

« Tout va très vite…si on n’avance pas, on recule! » Il importe de vous garder du temps et des ressources pour vous tenir à jour et aller chercher de nouvelles idées ailleurs, dans les journées d’information, par exemple. Prenez aussi du temps pour réfléchir, analyser, lire et vous documenter. Rappelez-vous ceci : une seule bonne idée prise quelque part peut changer la rentabilité de votre ferme!

S’établir est un gros projet. Cela comporte des risques, bien sûr, mais il importe de les minimiser selon les recommandations de cet article. Aimez ce que vous faites et croyez-y profondément : vous trouverez les solutions pour vous adapter aux diverses situations qui se présenteront. Ne faites pas tout en solo : entourez-vous!

Lecture complémentaire


Pour plus d’information sur l’établissement en horticulture, consultez la série « S’établir en horticulture » (PDF, 747 ko). 

André Carrier, agronome, M. Sc.
Conseiller régional en horticulture

Avril 2013

 
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Dernière mise à jour : 2021-12-10

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