Le fumier de vos chevaux : votre responsabilité !

Pourquoi bien gérer les fumiers?

Cheval

Crédit photo: Éric Labonté, MAPAQ

Bien que le fumier de cheval soit souvent perçu comme une matière sans danger pour l’environnement, il est comparable aux autres fumiers et peut être dommageable pour la qualité de l’eau. Tous les fumiers contiennent du phosphore, de l’azote et des coliformes fécaux. Le risque environnemental d’un fumier est notamment déterminé par la quantité de phosphore (P2O5) qu’il contient.

Le tableau suivant présente la production annuelle de phosphore de quelques espèces animales.

Tableau 1 - Quantité de phosphore produite annuellement par espèce (adapté du MDDELCC)

 Catégories  Production de P2O5 / Sujet par an
 Jument et sa progéniture non sevrée 26,8 kg 
 Vache laitière et son veau 51,8 kg 
 Vache de boucherie et son veau 27,4 kg 
 Être humain adulte 0,64 kg 

À titre comparatif, 5 poulinières produisent annuellement 134 kg de P2O5 soit l’équivalent du phosphore produit par 210 personnes! C’est considérable et vous devez vous en préoccuper. Il faut donc poser des gestes pour en assurer une gestion et une valorisation adéquates.

Réglementation

Selon le règlement sur les exploitations agricoles (REA) il est permis d’entreposer le fumier en amas près d’un bâtiment en respectant les conditions suivantes :

1. Le fumier doit être sous forme solide.

2. Le troupeau doit générer moins de 1 600 kg de P2O5 par année (équivalent de 60 juments et leurs progénitures).

3. L’amas doit être protégé des eaux de pluie ou de la fonte des neiges qui ruissellent à la surface du sol. Le positionnement de l’amas sur une zone surélevée est idéal. Si ce n’est pas le cas, l’eau de ruissellement doit être interceptée avant d’atteindre l’amas par un fossé situé en amont. L’eau doit ensuite être dirigée vers un fossé existant.

4. Les eaux contaminées (purin) s’écoulant de l’amas ne doivent pas atteindre les cours d’eau et les fossés. Le purin s’écoulant de l’amas est chargé en nutriments. L’ajout d’un andain de terre (risberme) de 60 cm (2 pi) autour de l’amas permet de conserver le purin près de l’amas et favorise l’évaporation naturelle. Une bande végétative filtrante doit être présente pour favoriser l’absorption des nutriments et limiter la contamination des eaux de surface.

5. Retirer et valoriser (épandre) le fumier au moins une fois par année.

Cours d’exercice et pâturage

Si vos chevaux ont accès à une cour d’exercice extérieure, il faut que vous vous assuriez qu’elle est le plus éloignée possible des fossés et cours d’eau. Tâchez de respecter une distance d’au moins 3 mètres (10 pi) entre la clôture et le bord des cours d’eau. Les plantes qui pousseront dans cette bande filtreront un peu les nutriments. Également, placez la mangeoire le plus loin possible des plans d’eau, puisque les animaux produisent une grande partie du fumier lors de l’alimentation. 

Pour de plus amples renseignements, vous pouvez Nous joindre.
 

*Le (REA) a pour objectif d’assurer la protection de l’environnement, particulièrement celle de l’eau et du sol, contre la pollution causée par certaines activités agricoles


Hélène Bernard, ingénieure
Conseillère en agroenvironnement
Direction régionale de la Mauricie, MAPAQ 
et
Andréane Martin, agronome
Conseillère en production animale
Direction régionale de la Mauricie, MAPAQ
 
En collaboration avec :
Geneviève Maher agente de recherche et de planification socio-économique, Direction du développement des secteurs agroalimentaires (DDSA) 
 
Date de diffusion: 07-04-15
 
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Dernière mise à jour : 2015-04-24

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