Et si on investissait mieux afin de compter davantage de moutons!

En production ovine, comme dans toutes autres productions animales, on doit optimiser l’utilisation des ressources pour augmenter notre productivité. Par exemple, dans l’élevage bovin, on veut un veau par vache par année; dans l’élevage laitier, on recherche une haute production de lait; dans les poules pondeuses, on souhaite le maximum d’œufs pondus par poule en production. Si l’animal produit de façon « optimum », il y a de fortes chances d’avoir plus de sous dans nos poches à la fin de l’année. Bien vivre de notre élevage ou de notre production est un des objectifs importants en agriculture. En production ovine, c’est la même logique. On doit optimiser la production pour maximiser le revenu.

Une des avenues intéressantes à explorer pour optimiser cette production est de bien sélectionner au départ les animaux qui entrent sur la ferme, selon le produit qu’on veut faire. Est-ce que je veux élever des animaux pour la vente de reproducteurs ou je veux élever des animaux pour la viande? Est-ce que je veux vendre des sujets de race pure ou de la brebis hybride prolifique, ou est-ce que je veux produire de l’agneau de marché standard ou un agneau qui répondra à un marché particulier? Ce sont là des questions de base qu’on doit se poser. Mais ce n’est pas tout. Je dois également tenir compte de bien d’autres facteurs : quels sont mes finances, mes aptitudes, mes goûts, et quelles sont les possibilités de mon bâtiment? Ai-je la machinerie et les terres nécessaires pour produire les aliments du futur troupeau? Il faut aussi se questionner concernant les normes environnementales qui devront être appliquées pour mon projet.

Une des erreurs fréquentes en productions animales est d’acheter un prix plutôt qu’acheter une bête. La brebis n’est pas dispendieuse! Elle ne correspond pas tout à fait aux besoins de la ferme, mais elle n’est vraiment pas chère. On vient de gaspiller beaucoup d’argent, et on va regretter longtemps ce mauvais achat, car un animal entré sur la ferme est difficile à sortir de l’exploitation, je vois cela très régulièrement. On se dit que l’animal va bien finir par produire un peu et on dépense de l’énergie et des aliments pour le garder, en plus de perdre de l’espace qui aurait pu servir à un animal productif. La stratégie de « sauver de l’argent » mène toujours à l’inverse quand il s’agit d’achat d’animaux reproducteurs. Une meilleure stratégie est de mettre quelques dollars de plus pour des brebis qui correspondent vraiment à nos besoins, quitte à s’en procurer un peu moins.

Les nouveaux éleveurs doivent être très vigilants avant d’acheter. Ils doivent se poser cette question : est-ce que cet animal est celui qu’il me faut? Dans le doute, on s’abstient. On demande à réfléchir et on contacte sa conseillère ou son conseiller qui pourra nous rassurer et nous guider à « structurer notre troupeau » selon les objectifs qui ont été fixés lors de l’élaboration du projet.

La question à laquelle je ne réponds jamais : quelle est la meilleure race? C’est pourtant la question qu’on me pose le plus souvent et je n’y réponds pas, car il n’y a pas de meilleure race. Chacune a ses qualités propres. On peut choisir une ou des races, un ou des croisements différents pour trois éleveurs par exemple. Chacun aura un croisement ou une race qui est adapté à sa production. D’où l’importance de fixer au départ les objectifs de la ferme. Vous pouvez trouver des articles dans lesquels les aptitudes des différentes races sont décrites sur le site d’Agri-Réseau.

Aussi, sur le site du Centre d’expertise en production ovine du Québec (CEPOQ), il y a des informations qui pourraient vous être utiles. Vous trouverez des dizaines d’articles touchant la production, par exemple, l’alimentation, la photopériode, les logiciels de travail et l’info-santé. Le producteur potentiel pourra regarder les différentes vidéos et se renseigner sur le programme d’assainissement sur le Maedi Visna, en plus d’avoir de l’information sur les différents services offerts par le centre. Chaque producteur trouvera plusieurs informations dont il a besoin sur ce site spécialisé.

L’éleveur débutant a beaucoup à faire, beaucoup à apprendre et surtout beaucoup à perdre si, au départ, le troupeau acheté ne correspond pas aux besoins de l’entreprise. Par contre, si les animaux acquis sont ceux qui peuvent lui permettre de rencontrer ses objectifs de production, il aura des bases plus solides pour affronter les embûches qu’il rencontrera inévitablement sur son chemin.

Liens utiles

Diane Allard, M.Sc., agronome
Conseillère sectorielle en productions animales

 
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Dernière mise à jour : 2021-12-10

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