​​​​​​Info plantes fourragères​

​Les degrés : outil complémentaire et signal d'alerte de l'état d'avancement de la maturité des prairies

Par Fernand Turcotte, agronome, avec la collaboration de Marie-Ève Dubuc, agronome, Direction régionale de la Montérégie-Ouest du MAPAQ

Adapté du matériel de Denis Ruel, France Bélanger et Huguette Martel, agronomes, MAPAQ ​

Cette page Web a pour objectif d'expliquer la méthode des degrés-jours (DJ) et son utilisation dans la prise de décision quant à la première coupe de foin. Les principes théoriques seront brièvement décrits et des valeurs de référence seront fournies à l'égard de différentes espèces fourragères.

Pour connaître l'accumulation des degrés-jours sur notre territoire, consultez ce doc​​​​​​​​ument :

​​Les degrés-jours sont une unité de mesure de chaleur qui est établie selon la différence entre la température la plus chaude et la te​mpérature la plus froide au-dessus de 5 oC au cours de 24 heures. Aussi, plusieurs essais qui ont été menés ont mis en évidence la relation entre les degrés-jours (sur la base de 5 oC​ ou DJ5, suivant un cumul à partir du 1er avril) et la maturité des plantes fourragères au moment de la première coupe.​

Suivre l'accumulation des degrés-jours par l'entremise du site We​b Agrométéo Québec permet de connaître, grâce aux données provenant des stations météo, les zones qui s'approchent des valeurs de référence quant à la maturité des plantes fourragères. Cela signifie que la période propice pour la fauche de la première coupe est proche et que des visites au champ sont à prévoir pour valider les données d'Agrométéo. En fait, le suivi des degrés-jours reste un outil complémentaire des observations sur le terrain, qui restent nécessaires, puisque la pluviométrie a également une incidence sur la croissance et la maturité des plantes.

​​​Des valeurs de référence quant au cumul des degrés-jours (sur la b​ase de 5 oC) ont été établies pour une moyenne de six ans (2007-2012) et pour une moyenne de 30 ans (1971-2000). Elles indiquent la période optimale de fauche pour tirer la meilleure qualité des différentes espèces fourragères décrites dans le tableau ci-dessous.

Cumul optimal des degrés-jo​​urs pour la pre​​mière coupe par espèce


​​* Les stades les plus hâtifs sont pour la production laitière et les plus tardifs sont pour la production bovine. Pour cette dernière, ajouter 50 DJ pour atteindre un cumul optimal.  

** Pour cette espèce fourragère, des variétés hâtives et tardives sont offertes sur le marché.

Note 1 : une accumulation de 250-400 degrés-jours est considérée comme le stade optimal pour la combinaison quantité-qualité des fourragères.

Note 2 : le stade de coupe doit être déterminé en fonction des espèces fourragères et de la proportion graminées-légumineuses.

Note 3 ​: l’utilisation des degrés-jours est un indicateur de prévision de la maturité. Une visite au champ est recommandée pour confirmer le stade de maturité réel.

Référence : Les caractéristiques et l’adaptation des espèces de graminées et légumineuses pérennes utilisées comme plantes fourragères au Québec


Puisque la plupart des graminées fourragères atteignent un stade de récolte optimal avant les légumineuses et que leur valeur alimentaire diminue plus rapidement que ces dernières, avec l'avancement en maturité, nous suggérons de commencer la première coupe de foin par les prairies qui ont une proportion élevée de graminées.

Dans le cas d'un mélange graminées-luzerne, ou graminées-trèfle rouge, la gestion de la première coupe doit se faire selon les espèces dominantes du mélange. Par exemple, il est conseillé de choisir de faucher en fonction du stade optimal de la luzerne lorsque celle-ci est combinée en mélange avec la fétuque élevée, des bromes ou des variétés tardives de fléoles des prés (mil).

Néanmoins, certaines graminées nécessitent une gestion particulière, même lorsqu'elles font partie d'un mélange. La décision de la période de fauche devrait se baser sur le stade optimal de ces graminées :

  • Le dactyle, qui est la graminée la plus hâtive et qui nécessite un suivi serré au champ pour le récolter tôt afin de conserver son appétence;
  • L'alpiste roseau;
  • Certaines variétés hâtives de fléoles des prés (mil).

Selon l'espèce et le cultivar, la situation géographique, la gestion de la culture et l'égouttement des champs, il est essentiel d'aller examiner les champs dès l'atteinte du cap des 225 DJ. L'observation fréquente des champs permet d'établir les parcelles ayant atteint un stade de maturité plus avancé et qui doivent être récoltées en premier.

Chaque entreprise agricole doit définir ses propres objectifs en matière de valeur nutritive et de rendement fourrager. Cela aura une incidence sur la stratégie de récolte à adopter. À cet égard, la consultation des degrés-jours dans le site Web Agrométéo Québec représente un atout dans la gestion de la première coupe.

Bonne saison de récolte des fourrages!​​


Pour information ​​

Bruce Gélinas
bruce.gelinas@mapaq.gouv.qc.ca 
819 371-6761, pos​te 4614​​


Louise Levesque
louise.levesque@mapaq.gouv.qc.ca​
819 371-6761, poste 4629


Ressources 


​Outils techniques


Références

Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ), Les plantes fourragères, 2005, 244 pages.

Agriculture et Agroalimentaire Canada, Stade de développement de la fléole des prés et de la luzerne, 2017.​


 
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Dernière mise à jour : 2024-06-11

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