Des arbustes agroforestiers qu'on ne plante jamais trop

De plus en plus implantés dans les haies brise-vent et les bandes riveraines, certains arbustes gagnent à être connus. En voici donc cinq qui présentent des caractéristiques remarquables pour la biodiversité des milieux agricoles au Québec.

Le sureau du Canada, Sambucus canadensis

Le sureau du Canada, souvent appelé « sureau blanc », est une espèce indigène dans notre territoire. Cet arbuste est cultivé à des fins de transformation alimentaire. Son fruit noir est très riche en antioxydants et peut servir à la fabrication de teintures naturelles. En ce qui concerne son impact sur la faune, seul son fruit est mangé par les oiseaux. Le sureau blanc suscite très peu l’intérêt des cerfs de Virginie (chevreuils) ni des autres herbivores, car tous les autres tissus de la plante sont toxiques, de la racine jusqu’aux feuilles. Sa croissance est très rapide et il tolère également les sols argileux, lourds et mal drainés. Les belles fleurs blanches disposées en corymbes sont très caractéristiques de cet arbuste. Cependant, ses branches sont fragiles et cassent facilement. De plus, il faut éviter de le planter près de parcelles de petits fruits, car le sureau blanc est un foyer potentiel pour la drosophile à ailes tachetées, un insecte ravageur pour les plantations de petits fruits.

Le sureau pubescent, Sambucus pubens

Le sureau pubescent, souvent appelé « sureau rouge », est également un arbuste indigène. Contrairement au sureau du Canada, il produit un fruit insipide et même toxique pour les humains. Son fruit est donc sans intérêt pour les cueilleurs, bien que les oiseaux s’en délectent puisqu’il est le premier à mûrir. Tout comme le sureau du Canada, le sureau pubescent a des tissus toxiques et n’intéresse nullement les herbivores. Sa croissance est très rapide, mais ses branches sont fragiles et cassantes. Contrairement au sureau blanc, le sureau pubescent n’attire pas la drosophile à ailes tachetées.

Le physocarpe à feuille d’obier, Physocarpus opulifolius

Le physocarpe à feuille d’obier est moins abondant que le sureau et est, lui aussi, un arbuste indigène. Il est fréquemment utilisé en horticulture ornementale, entre autres avec des cultivars panachés ou aux feuilles rouges. Loin d’être génératrices de mauvaises herbes, les petites graines qu’il produit en abondance nourrissent les oiseaux, et ce, même l’hiver. Sa croissance est très rapide et il est très résilient. Il peut supporter effectivement toutes sortes de contraintes : sels de déglaçage, sols secs, inondations temporaires, sols compacts, etc. De plus, son réseau de racines superficielles très dense en fait un arbuste tout à fait adéquat pour les bandes riveraines. 

L’aronie, Aronia melanocarpa

L’aronie, un arbuste aux fleurs blanches aussi appelé « gueule noire », est assez rare. Malgré sa croissance plutôt lente, il a pour avantage de très bien tolérer les sols acides et mal drainés. Un plant d’aronie à une production de fruits très abondante. Persistant en hiver, il fait le régal des oiseaux. Par contre, il ne faut pas planter l’aronie près de parcelles de bleuets, car il représente une bonne source potentielle de prolifération pour la mouche du bleuet.

Le caraganier arborescent, Caragana arborescens

Le caraganier arborescent, appelé également « pois de Sibérie », n’est pas indigène au Québec. Il a la particularité de fixer l’azote atmosphérique. Ce phénomène a pour conséquence d’enrichir le milieu en azote, ce qui permet, entre autres, au caraganier de pousser dans des sols plus pauvres. Ses petites fleurs jaunes sont très appréciées des insectes pollinisateurs. Sa croissance est rapide et il tolère les sels de déglaçage, les sols sableux ainsi que les sols excessivement drainés. Il arrive parfois que le caraganier arborescent soit attaqué par les pucerons. Heureusement, il attire également les coccinelles et d’autres insectes prédateurs du puceron.

Le caraganier arborescent

Le caraganier arborescent
Crédit photo : Nicolas Tanguay, MAPAQ


À eux seuls, ces cinq arbustes sont un échantillon représentatif des espèces typiquement utilisées dans les haies brise-vent, les bandes riveraines et les bandes tampons*. On en voit de plus en plus fleurir dans les aménagements agroforestiers de la région.

* Les bandes tampons sont implantées autour des parcelles sous régie biologique.

Nicolas Tanguay, DTA
MAPAQ, Mauricie


Date de diffusion : 20 mai 2016

 
Ne pas remplir ce champs

Dernière mise à jour : 2016-05-17

Menu de bas de page

Aller au Portail du gouvernement du Québec
© Gouvernement du Québec, 2022